rémy brauneisen, photographer

Point(s) de vue s’attache au banal, au commun. Banalité d’une ville en mutation, commun d’un quartier en lente métamorphose qui pourtant engendre le traumatisme lié à une perte d’identité.

 

Autrefois ventre vert de la ville, le quartier des Maraîchers a alimenté durant des siècles les habitants de la cité en fruits et légumes frais. Les cultures maraîchères ont longtemps contribué à la richesse de la ville en complétant judicieusement la diversité agricole source d’une quasi-autosuffisance alimentaire.

Des vignes, des cultures céréalières ceinturaient l’espace urbain et les cultures maraîchères fermaient la boucle.

Les interminables rangées de laitues et de carottes cèdent peu à peu la place à des ensembles immobiliers. Le maraîcher se fait rare et la profession est menacée de disparition.

 

Mémoire collective en déperdition, les anciens assistent, impuissants, au bouleversement urbanistique et les plus jeunes subissent, impassibles, la transformation. Les résidents s’installent et apprécient le nouveau lieu d’habitation, la ville à la campagne, puis rien que la ville…

 

Comme dans beaucoup de villes, la pression foncière s’accentue et l’agglomération grignote inéluctablement les zones encore si banalement diversifiées. Réseaux d’irrigation et anciennes digues à l’apparence sauvage, champs impeccablement cultivés et carrés de terre laissés à un éphémère abandon.

Espaces sauvages et avancées urbaines s’entremêlent et se confrontent dans l’indifférence ou la douleur.